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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE ROI EST ARRIVE
Voilà, on arrive au bout du voyage... Une balade en Terre du Milieu qui a duré deux ans pour le grand public, entre six et sept pour la plupart des techniciens impliqués dans le projet. Le Retour du Roi nous a donc permis de retrouver Frodo, Sam et leurs amis dans leur quête de destruction de l’Anneau. On replonge donc avec plaisir dans la somptuosité des décors, musique, effets spéciaux déjà largement décrits ici où là. les protagonistes se dirigent donc vers l’affrontement final, que Peter Jackson nous annonçait comme dantesque. Mais la bataille des Champs du Pelennor a-t-elle effacé celle du Gouffre de Helm ? Certainement pas. Le casse-tête logistique du second épisode restera donc un sommet de genre, malgré des incohérences formelles. Autre point d’orgue du film, la séquence où Sam et Frodo se retrouvent face à Arachne (Shelob en VO), monstrueuse araignée qui personnellement, m’avait terrifié à la lecture du livre. Elle est totalement crédible, plus par exemple que sa congénère de Harry Potter et la Chambre des Secrets. On ne la voit pas beaucoup, et c’est d’autant plus terrifiant (car suggestif), puisque Shelob vit en permanence dans une caverne profonde.

On assiste donc à des réalisations personnelles hors du commun : Aragorn doit accomplir sa destinée de roi du Gondor, puis trouver le bonheur avec Arwen, Merry deviendra un valeureux guerrier, face au Roi-Sorcier (en compagnie d’Eowyn)...



Encore une fois, on peut déplorer un choix discutable des scènes (disparition totale de Saroumane dans ce troisième volet, plus de nettoyage de la Comté), des tics d’ex-réalisateur de gore : combats graphiquement confus (mais un combat est-il toujours clair ?), filmés de trop près, ce qui fait espérer un temps de respiration dans ces empoignades. Après avoir vu cet ultime chapitre, je ne sais plus que penser, l’abattement m’étreint : serait-ce de la lassitude face à ce film, un émerveillement si fort qu’il faudra du temps pour en tirer la quintessence ? En tous les cas, ce que l’on peut dire, c’est que la trilogie épique réalisée par le Néo-Zélandais en short aura marqué l’histoire du cinéma, du genre, et révolutionné ceux-ci.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE SEIGNEUR DES MOIGNONS

Après La Communauté de l’Anneau, qui a posé un certain nombre de certitudes (Jackson sait faire de la fantasy, dompte les effets spéciaux, jongle avec 9 équipes simultanément, respecte l’oeuvre de Tolkien, les acteurs sont littéralement prodigieux dans leurs rôles respectifs...), il est peu de dire que l’on attendait beaucoup de ce second volet. Pour ceux qui connaissent les livres, ils savent qu’il est plus sombre, plus dur, qu’il comporte beaucoup de combats, en même temps que l’on assiste à la lente plongée de Frodo vers le côté obscur (ça ne vous rappelle rien ?). Les (rares) critiques disponibles avant la sortie mondiale du film, le 18 décembre laissaient entrevoir un long métrage aussi bon, sinon meilleur, que le premier. Votre serviteur vous dira qu’il est moins bon, et qu’il fallait s’y attendre. d’abord parce que l’intrigue est éclatée entre plusieurs fils narratifs divergents (navré pour ceux qui n’auraient pas vu le premier volet, mais la Communauté de l’Anneau s’est dispersée à la fin de celui-ci).

Ce qui entraîne une multiplicité des points de vue ; une structure entrelacée chère à Tolkien, et qui permet de suivre une quinzaine de personnages principaux. Ensuite parce que la matière du second livre est complexe, touffue, au point que Jackson a préféré déplacer vers le chapitre final un épisode-clé, celui de la rencontre de Frodo et Sam avec Arachne, afin de donner plus d’ampleur et d’espace a ce qui fait l’essentiel des Deux Tours, à savoir le début de la Guerre de l’Anneau. En effet, à l’heure où Frodo et Sam semblent s’égarer sur le chemin du Mordor, le Seigneur des Ténèbres, j’ai nommé Sauron, décide d’anéantir le royaume de Hommes, avec l’aide du sorcier Saroumane. Les Elfes de Fondcombe s’en vont par-delà les mers, sentant que leur temps est terminé. Le Roi du Rohan, Theoden, s’enfonce dans une apathie suicidaire sous l’influence de Grima Langue-de-Serpent (l’excellent Brad Dourif), sbire de Saroumane. Aragorn, Legolas et Gimli, lancés à la recherche de Merry et Pippin, désespèrent de les retrouver. Tout semble indiquer que le règne de Sauron est sur le point d’arriver. Pour connaître la suite, allez au cinéma... Si l’on reprend les acquis du début de cet article, on ne peut que les constater ; Jackson et son équipe font un travail formidable. Les challenges se situent sur d’autres points de l’intrigue : en particulier Gollum, la bataille du Gouffre de Helm et les Ents. Gollum, ancien Hobbit qui a été dépossédé de l’Anneau par Bilbo, l’oncle de Frodo, a été entièrement réalisé en images de synthèse à partir des mimiques et de la voix de l’acteur Andy Serkis. Il veut récupérer son “précieux”, en possession de Frodo ; celui-ci le capture et le persuade de le mener au Mordor. Le personnage, l’un des plus importants de l’histoire, est incroyablement réussi ; on oublie très vite qu’il s’agit d’une créature numérique pour se concentrer sur le dilemme qui ronge Gollum/Smeagol : sa nature bienveillante de Hobbit et son esprit corrompu par l’Anneau se disputent constamment. A noter, dans cette optique, une séquence particulièrement réussie, où les deux personnalités nous apparaissent presque simultanément, grâce à une différence d’angles de vue et d’éclairages. Champ/contre-champ : le B-A BA du cinéma.

Le “gros” morceau du film est sans conteste la bataille d’Helm’s Deep. Jackson a décidé de lui donner toute l’ampleur qu’elle doit avoir, en lui consacrant 45 minutes, soit presque un tiers du métrage ! Pas grand-chose à dire à son sujet, si ce n’est que le logiciel Massive, spécialement créé pour le film, a là encore accompli des prodiges. En effet, il permet de visualiser littéralement des dizaines de milliers de combattants ayant leur vie propre. La guerre est une saloperie, et Tolkien, qui a combattu pendant le premier conflit mondial, en a gardé de grandes rancunes envers la bêtise et la violence. La violence des combats est très graphique, on est parfois trop près de l’action ou des personnages, une réminiscence du passé “gore” du cinéaste peut-être... Au cours de leur fuite après avoir échappé aux Uruk-Haï, Merry et Pippin se retrouvent au sein de la forêt de Fangorn, peuplée d’être étranges... Ils y feront la connaissance de Sylvebarbe, mi-homme mi-arbre, représentant d’un peuple qui déteste être troublé par la guerre et le désordre. Pour ma part, j’attendais beaucoup de la vision de ces Ents à l’écran. Le résultat ne m’a pas enchanté, ni déçu, juste... désorienté. A la lecture du livre de Tolkien, je m’imaginais des troncs massifs, bien campés sur des branches épaisses ; je ne m’attendais pas à voir ces créatures fines, presque décharnées parfois. Mais la facilité, au niveau technique, aurait peut-être résidé, justement, dans des camouflages comme ceux des Romains dans certains albums d’Astérix. Et puis, allez dans le jardin, regardez votre arbre préféré, envisagez-le dans la hauteur : a-t’il l’air si trapu ?



Il faut savoir que Tolkien a truffé son ouvrage de références à son abhorration pour tout ce qui est industriel, usiné. Les Ents représentent la bienveillance de la nature, face à la destruction industrielle et hégémonique orchestrée par Saroumane... La caméra de Jackson est toujours aussi virtuose, sans toutefois donner de vertige (mis à part durant les combats, mais est-ce innocent ?), soutenue par une musique omniprésente, puissante, qui devient de plus en plus facile à identifier ; en effet, chaque intrigue possède son propre thème, le thème de Saroumane souligne l’avancée de ses troupes sur les remparts d’Helm’s Deep, par exemple. A multiplication des intrigues, apparition de nouveaux personnages, au premier rang desquels les deux précédents, Gollum et Sylvebarbe, particulièrement réussis. A la Cour du Roi Theoden (Bernard Hill l’incarne avec... noblesse, lui qui avait joué courageusement le Capitaine du Titanic de James Cameron), suzerain du Rohan, Aragorn rencontre sa nièce Eowyn (Miranda Otto), qui tombe amoureuse de lui. Le frère de cette dernière, Eomer (Karl Urban), conduit les Cavaliers du Rohan qui courent les champs à la recherche de quelques orcs à trucider. Au cours de leur périple vers le Mordor, Frodo et Sam, guidés par Gollum, tomberont sur Faramir (David Wenham), frère de Boromir et preux chevalier. Il est intéressant de remarquer que les sorciers et les Elfes (dont Saroumane, Sauron, Gandalf, Elrond et Arwen), sont nettement moins présents dans ce second épisode, ce qui n’est que justice car il s’agit d’une épopée guerrière. Parmi les anciens, on notera également le rôle essentiellement comique tenu par Gimli, qui déroutera certainement les fans de ce guerrier bourru. Mais là encore, cette digression de Jackson vis-à-vis du texte originel n’est pas innocente. Ces moments de pure comédie (dont une plaisanterie filée à propos du lancer de nains, d’un goût moyen) sont placés dans les moments de tension extrême, afin de désamorcer quelque peu l’excitation qui prend le spectateur au moment d’un épisode essentiel. On notera que ce rôle de “désamorceur” était tenu dans le premier film par Merry et Pippin, et qu’ici leurs rôles sont nullement comiques, leur positionnement est en train de changer et annonce leur transformation dans Le Retour du Roi. Frodo également change, on le sent de plus en plus absent des contingences matérielles, de la fureur qui peut se déchaîner autour de lui. Certaines de ses poses sont même carrément christiques, comme s’il n’appartenait déjà plus à ce monde en perdition... Au niveau de l’ambiance, le compositeur, Howard Shore, a sorti tout l’attirail wagnérien, normal pour un récit essentiellement guerrier inspiré des contes de tradition anglo-saxonne... On le voit, plusieurs niveaux de lecture se révèlent au fur et à mesure de la réflexion autour de ce second film.

Par manque de place, je ne peux que vous recommander deux excellents sites internet relatifs à l’oeuvre de Tolkien : www.numenoreen.com et surtout www.elbakin.com, mais également le très bon essai de Vincent Ferré (Sur les Rivages de la Terre du Milieu, Editions Pocket). Contrairement à la plupart des films fantastiques, la bande-annonce (qui donne par ailleurs le frisson), ne montre qu’une petite partie du film. Celui-ci vous réserve de nombreuses surprises. Au final, ce deuxième opus est d’une bonne qualité, peut-être supérieure à La Communauté de l’Anneau, peut-être équivalente, mais pour l’instant il est difficile de se prononcer vraiment, notamment en raison de son intrigue multiple. Une chose est sûre : les combats sont grandioses ! Le passé du réalisateur dans le domaine du gore plaide certes en sa faveur... Mieux vaut attendre l’ensemble des trois segments pour donner un avis définitif. Vivement Le Retour du Roi !

Spooky.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

J’EN AI REVE, PETER L’A FAIT !

Au cours de l’été 1989, je me suis retrouvé coincé avec ma famille dans un village haut perché des Alpilles, Aiglun. Contraint de rester à la maison par une chaleur infernale, je dus lire d’affilée un roman en trois tomes paru alors chez Folio Junior, Le Seigneur des Anneaux. Attiré par les couvertures montrant quelques monstres bien sympathiques et des paysages vertigineux, ce fut ma première incursion dans l’heroic fantasy. Je ne pus jamais en sortir. Captivé par ce récit de voyage, de possession maléfique, mais aussi par la dimension démiurgique de l’œuvre, le roman devint instantanément ma référence absolue en ce qui concerne l’imaginaire. J’en suis venu par la suite à lire d’autres œuvres de Tolkien, puis sa biographie, puis des œuvres de continuateurs et d’imitateurs, puis d’autres pans de l’imaginaire, comme la SF. J’ai essayé d’écrire un roman se déroulant dans l’univers du Seigneur des Anneaux, mais je me suis arrêté au bout de deux paragraphes. Pour moi, on ne touche pas à ce mythe.
A l’époque, je me disais « Quel film ça ferait ! » ; mais je trouvais cela quelque peu irréalisable. Comment voulez-vous qu’on retranscrive un univers entier, cohérent, avec son histoire, sa mythologie, ses personnages si attachants ? Alors, j’en étais réduit à revoir Conan le Barbare, Willow, Legend ou bien L’Histoire sans fin, films qui ne manquaient pas de qualités, mais ne les réunissaient pas toutes… Tout en espérant secrètement qu’un réalisateur de la trempe de Spielberg ou Ridley Scott (mes références de l’époque, excusez-moi, j’étais jeune) s’attacherait à l’exploit. J’avais appris un peu par hasard qu’un inconnu, Ralph Bakshi, avait essayé de faire un long métrage d’animation, hélas celui-ci s’était arrêté au premier volet du tryptique, soit La Communauté de l’Anneau.

Et puis un beau jour de 1999 (je crois), j’apprends sur un site Internet qu’un metteur en scène néo-zélandais connu pour son imaginaire délirant, Peter Jackson (Bad taste, Meet the Feebles, mais aussi le méconnu Créatures Célestes), mettait en chantier l’oeuvre qui avait fini par avoir la réputation d’être inadaptable (rappelons que Le Seigneur des Anneaux fut publié en 1954 et 1955). Dès lors, je résolus de suivre l’avancement de ce qui allait se révéler l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux de tous les temps. La première bataille fut celle du casting ; faisant fi des rumeurs les plus folles, Jackson décida de prendre des acteurs sérieux, au physique proche des personnages. Ensuite, grâce aux crédits alloués par le studio New Line, le tournage put commencer ; il allait durer deux ans en Nouvelle-zélande et s’achever en décembre 2000. En effet, profitant de ces conditions exceptionnelles, le « petit gros » décidé de tourner les trois films simultanément, ce qui est une première dans l’histoire du cinéma.

Les internautes cinéphiles et tolkienophiles suivaient de très près le tournage, des photos volées circulant même sur le réseau… J’avais tellement de mal à garder ma passion pour moi que j’en parlai à ma femme quasiment tous les jours. Excédée, elle se décida à lire l’œuvre qui avait été élu Roman du Siècle par les universitaires anglais. De son côté, Jackson, qui en plus de ressembler physiquement à un Hobbit (petit, grassouillet et poilu sur les pieds), est un homme intelligent, clama haut et fort que les trois films reflèteront SA vision du roman, mais que chacun est libre de garder la sienne propre.

Certains petits veinards purent avoir la primeur des images avec une séquence de 26 minutes présentée au Festival de Cannes en mai 2001. Tous s’accordèrent à dire que si le reste du métrage était de la même vein, on tenait là un véritable chef-d’œuvre. Puis on annonça les sorties des trois films : Noël 2001, Noël 2002 et Noël 2003. Des bandes-annonces très très alléchantes furent diffusées dan certaines salles de cinéma. Sur un site spécialisé sur lequel votre serviteur alla souvent circulaient les noms des salles où on pouvait voir ces images.

Enfin le grand jour arriva. Le 19 décembre, fort excité (au sens propre, hein !) par les avis de quelques chanceux qui avaient pu aller à l’avant-première, je décidai de ne pas y aller tout de suite afin d’éviter la foule. J’attendis donc le 30 décembre, au matin, pour aller le voir en VO dans une salle peu connue du quartier Montparnasse de Paris, après déjà deux millions d’autres personnes. Et le résultat ? Scotche, scotché, scotché !!!

Bon, soyons clairs : je n’oserai pas crier au génie, ni au chef-d’œuvre ; seule une personne qui aurait vu tous les films pourraient avoir un élément de comparaison. A ma connaissance, cela n’existe pas. Mais une chose est sûre. Au Panthéon des films que j’ai pu voir, je classe The Fellowship of the Ring (excusez-moi, la VO…) tout en haut…



Vous pourrez lire l’intrigue du film par ailleurs, mais en quelques mots la voici : un groupe d’aventuriers, composé de 4 races différentes (Homme, Nain, Hobbit et Elfe), doit escorter un Anneau maléfique jusque dans l’antre du Mal, à travers la Terre du Milieu, afin de le détruire. Ils traversent des contrées inconnues, truffées de dangers, et doivent faire face à leurs propres démons. Comme je l’ai dit plus haut, Jackson a fait sa version. Et comme toute adaptation, il y a des trahisons. Des personnages voient leur importance augmentée, d’autres ont été purement et simplement supprimés… Par ailleurs, PJ (oui, on l’appelle comme ça, nous les fans) a inséré des éléments d’autres œuvres de Tolkien (tels le Silmarillion, le livre le plus illisible du monde après mes cours de Maths de terminale !) pour permettre une meilleure compréhension de son propos. Eh bien contrairement à la tendance du monde du cinéma, tous ces inserts, je dis bien tous (à l’exception peut-être de l’ablation du passage avec Tom Bombadil) vont dans le sens d’une plus grande fluidité narrative, d’un schéma général de compréhension. Car les trois films ont été réalisés en même temps, ce qui a permis à PJ d’avoir une vue globale de son œuvre. Pour moi, la séquence d’ouverture, qui n’apparaît pas dans les bouquins, permet aux non-initiés de comprendre (en l’espace de 5 minutes, un tour de force, mais d’une force !) est une idée de génie car elle permet de saisir les implications de la quête de la Communauté. Les partis-pris scénaristiques et dans les dialogues vont dans ce sens. On est dans un univers médiéval-fantastique, mais les personnages ne font pas stéréotypés ou vieillots. Au contraire, ils ont une vigueur incroyable, à laquelle les comédiens ne sont pas étrangers. Mais j’y reviendrai. Sans être gnangnan ou neuneu comme peuvent l’être les Américains, le film transporte des valeurs –que j’espère- universelles : l’amitié, l’entraide, le courage, la lutte du Bien contre le Mal… Oui, je sais, cela a déjà été fait ailleurs, mais que voulez-vous, quand on aime…

Les personnages sont bien campés : les Hobbits sont fragiles et pas super courageux, les nains grincheux et fiers, les elfes… elfiques, c’est-à-dire éthérés, les hommes en proie à beaucoup de doutes, les Nazgûl, créatures maléfiques, sont myopes mais terrifiants…

Venons-en donc aux acteurs. Il y a une bonne quinzaine de rôles principaux ou secondaires, ce qui doit constituer une sorte de record. Puisque cette critique est partie pour être très longue, je vais de ce pas les analyser un par un. J’espère que vous avez le temps. Commençons par les membres de la Communauté de l’Anneau, au premier rang de laquelle je mettrai Frodo, Aragorn et Gandalf. Frodo est donc un Hobbit qui se retrouve en charge de l’Anneau Unique. Il est incarné par Elijah Wood (Forever Young, Huck Finn, Le Bon Fils, Flipper, Avalon, The Faculty, Ice Storm et Deep Impact), qui apporte toute la candeur de son visage angélique à ce pauvre petit hobbit pris par des événements qui dépassent souvent son entendement. Il réalise là une performance incroyable. Gandalf est le guide du groupe, un sorcier grincheux et facétieux ; Ian Mc Kellen, acteur shakespearien multi-primé (aperçu récemment dans Richard III, Un Elève doué, Six degrés de séparation et X-Men), qui lui apporte une profondeur inespérée. Ensuite vient Aragorn, le descendant de rois déchus devenu Rôdeur. Il s’agit à mon sens du personnage le plus intéressant et le plus tragique (avec celui deGollum) du roman ; Viggo Mortensen (Portrait de Femme, L’Impasse, GI Jane, Psycho, Meurtre parfait…) lui prête son physique de beau ténébreux aux traits taillés à la serpe. Il est proprement parfait dans le rôle. Au sein de la Communauté se trouvent trois autres Hobbits : Sam Gamegee, Peregrin Took et Meriadoc Brandebouc. Le premier, joué par Sean Astin (Rudy, Memphis Belle, la Guerre des Roses et Safe Passage), apporte sa bonhomie à la relation très amicale entre Frodo et Sam. Les deux autres, incarnés par Billy Boyd et Dominic Monaghan (acteurs seulement connu des Anglais). Ils apportent leurs « bouilles » et leur gouaille toutes britanniques à ces Hobbits facétieux et gaffeurs.

Sean Bean (Ronin, Anna Karénine, GoldenEye, Jeux de Guerre, entre autres...) prête ses traits au valeureux Boromir, fils de l’intendant du Gondor. Son animosité de départ envers Aragorn est vite gommée par la valeur guerrière des deux hommes. Tout en retenue, Bean (non, ce n’est pas une blague !) donne de la puissance à son interprétation). L’Elfe Legolas accompagne les autres dans leur quête ; il est précieux par son habileté au tir à l’arc et ses sens surdéveloppés ; il est interprété de manière prodigieuse par Orlando Bloom (dont le seul titre de gloire internationale est d’être apparu dans Wilde), tout en légèreté et en féerie. Et pour teminer, le nain Gimli est incarné par John Rhys-Davies (le premier et le troisième Indiana Jones, Shogûn et Sliders entre autres…), tout en grincherie et en solidité.

En-dehors de la Communauté de l’Anneau gravitent un certain nombre de personnages. Parmi ceux-ci je citerai Arwen, la princesse elfe amoureuse d’Aragorn (Liv Tyler, vue dans Beauté Volée, Armageddon, Silent Fall et Dr T et les femmes) ; elle prête ses traits de porcelaine à cette elfe qui doit choisir entre l’immortalité et l’amour. Ensuite Galadriel (Cate Blanchett, en général plus fade dans Un Mari idéal, Le talentueux M. Ripley et Intuitions, ou plus récemment dans Bandits), une magicienne elfe très tentée par l’Anneau… Bilbo, le cousin de Frodo qui lui lègue l’Anneau ; Ian Holm a été salué pour ses performances dans Les Chariots de Feu, Hamlet, Frankenstein, eXistenZ, Henry V, Le festin Nu, la Folie du Roi Georges, Le Cinquième Elément… Encore une fois, un Anglais qui fait mouche ! Pour le rôle de Saruman, le sorcier corrompu par le Mal, PJ a fait appel au légendaire Christopher Lee (Dracula, La Vie privée de Sherlock Holmes, Les Trois Mousquetaires, 1941, Gremlins II, Sleepy Hollow et bientôt Star Wars : Episode II) ; sa valeur n’est plus à prouver. Elrond, roi des Elfes et père d’Arwen, est incarné par l’Australien Hugo Weaving (Matrix, Priscilla folle du désert). Tous sont parfaits.

Spooky.

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Publié le par Ansible
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SCOOBY-DOO, OU ES-TU ?
Un peu inutile pouvait sembler l’adaptation “live” du dessin animé loufoque qui a bercé notre jeunesse. Mais à la vision du résultat, on doit réviser cette opinion. Le film, réalisé par Raja Gosnell, respecte bien l’esprit de la série. Les interprètes prêts à faire de l’auto-dérision, Sarah Michelle Gellar, qui interprète Daphné, en tête. A ce titre, la scène où elle parodie Buffy est assez sympa.
Deux ans après s’être séparés, les 5 membres de “Mystères et Cie” (Daphné, Véra, Fred, Sammy et Scooby-Doo) sont appelés par Mondavarious (le surprenant Rowan Atkinson, plus connu pour son rôle de Mr Bean), propriétaire de Spooky Island, un grand parc d’attractions d’où des étudiants repartent transformés.

 

Coup de chapeau aux animateurs de Scooby-Doo, le chien gaffeur, qui n’est pas outré et reste dans les limites de son double animé, mais aussi à Matthew Lillard, (Scream, Cursus fatal), l’interprète de Sammy, qui joua le plus souvent face à un bout de scotch dans ses scènes avec le chien.
Une pincée de fantastique, des scènes délirantes (dont un mélange d’âmes assez jouissif), une réalisation dynamique composent un honnête divetissement.

Spooky.

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Publié le par Ansible
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CARIE MOVIE 2
Malgré les dénégations de l'équipe lors du premier opus, voici la suite de la parodie la plus délirante depuis Hot Shots ! En effet, après les slasher movies, les frères Wayans se sont cette fois attaqué au thème de la maison hantée.
On retrouve ainsi Shorty et ses amis aux prises avec un fantôme très porté sur la chose. Mais ce coup-ci, la coupe est pleine ! Après un début très prometteur, qui parodie de la meilleure façon L'Exorciste, le film sombre dans une débauche de crasse, de dégueulis et de pets. La limite du supportable est dépassée lorsqu'un des acteurs décharge une tonne de sperme sur sa petite amie, qui voulait juste l'aider à ne pas avoir froid dans une chambre froide !


Beaucoup de films sont bien sûr hachés menus par la tronçonneuse des Wayans Brothers, aidés par 6 autres scénaristes (!). J'aimerais bien savoir lequel a écrit la parodie de L'Exorciste... Il y a quand même des passages plutôt sympathiques, concernant Charlie et ses Drôles de Dames, ou le passage où Shorty, amateur d'herbe, se fait fumer par une plante géante sous amphéts'...
Mais l'ensemble reste lourdingue, indigne du premier épisode.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE RETARD DE LA MAMIE
En 1999 La Momie avait proposé une nouvelle forme d’aventure archéologique : comme du Indiana Jones avec encore plus de morceaux d’humour dedans. C’était frais, spectaculaire et bien réalisé. Du pur entertainment, en somme. Encouragés par le succès proprement planétaire du film, les producteurs et le réalisateur, Stephen Sommers (Un cri dans l’océan) en remettent une couche deux ans plus tard. On retrouve donc Rick O’Connell (Brendan Fraser, qui a pris du poids), Evelyn (Rachel Weisz, très mignonne), qu’il a épousée, et le frère de cette dernière, Jonathan (l’excellent John Hannah de Pile et Face), égaux à eux-mêmes, face à la momie du grand prêtre Imhotep (Arnold Vosloo, plus inexpressif que jamais). Mais des trouble-fêtes viennent compliquer le jeu. Il s’agit de la réincarnation d’Ankhsounamon, la maîtresse d’Imhotep (Patricia Velasquez, la potiche de service), qui cherche à réveiller Imhotep pour contrecarrer le retour du Dieu Scorpion, qui a autrefois menacé l’autorité de Pharaon. Le réveil de celui-ci provoquerait l’invasion du monde par l’armée d’Anubis, des hommes-loups. Rajoutez à ce canevas (assez mince, il est vrai) un ersatz d’Eddie Murphy dans un dirigeable, un gosse de 8 ans qu’on a constamment envie de baffer, et des pygmées morts-vivants (déjà vus dans les Gremlins), et vous obtiendrez un film 100 % Pop Corn qui n’a d’autre intention que de divertir. Le film commence par une scène de fouilles (comme dans Indiana Jones, Jurassic Park, ou même Belphégor) et n’est qu’un copier-coller de séquences plus ou moins réussies glanées ça et là. L’intrigue suit à peu de détails près celle du premier épisode.


Dites donc, pour un budget pharaonique (oui, je sais, elle était facile), vous ne vous êtes pas foulé pour le scénario, les gars ; pour le titre non plus, d’ailleurs (NDLR : The Mummy Returns en VO). S’il y en a un troisième, je veux bien le réaliser. J’ai même des idées pour le titre. La Vengeance de la Momie, The Mummy Vs Predator, MummyStory, La Malédiction de la Momie (The Curse of the Mummy), La Momie pue du Bec (Stinky Mouth Mummy), La Momie Contre-Attaque (The Mummy Strikes Back), La Momie de Mamie (The Nanny Mummy), Les Chroniques de la Momie...

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

SON REGNE A COMMENCE

Dans le genre artistique vaste qu’est la fantasy, il existe des sous-genres. Les histoires de dragons sont un de ces sous-genres. Et dans l’histoire du cinéma, il y a eu peu de films réellement réussis. On citera Coeur de Dragon pour la catégorie très bon, et Donjons et Dragons dans la catégorie nullissime. Pourquoi une telle pénurie pour une créature aussi mythique et aussi populaire ? Parce que, justement, le dragon est un animal issu de l’imaginaire collectif, mais à part des représentations aussi diverses qu’intéressantes, il est très difficile de donner vie à ce monument artistique. Difficile au niveau visuel, en tout premier lieu, car créer un animal tout en écailles constitue l’un des derniers défis des effets spéciaux. Le projet de Rob Bowman (réalisateur émérite de nombreux épisodes de la série X-Files et du long métrage du même nom), a donc, au départ, de fortes chances d’échouer. Il n’en est rien.

De nos jours, un couple d’archéologues met à jour une galerie millénaire dans les profondeurs de Londres ; hélas, une créature depuis longtemps endormie va en surgir, pour engendrer une vague de terreur sans précédent. On retrouve 20 ans plus tard leur fils, Quinn (Christian Bale, étonnant), seul rescapé de l’accident initial, en leader d’une poche de résistance aux dragons dans un château. Il va se heurter à Denton Van Zan (Matthew Mc Conaughey, à mille lieues de ses rôles dans Contact, Lone Star, Le Droit de tuer ?, Amistad, U-571...), soldat américain aux méthodes plus radicales.


Grâce à un dragon étonnant de réalisme (il n’y aura bientôt plus d’aspect “plastique” au cinéma), le film est un petit bijou de suspense (le metteur en scène est, il est vrai, un expert en la matière), de rythme et de réalisme. Passons sur le scénario, d’une simplicité basique, qui permet au contraire une lisibilité accrue, pour saluer la performance des comédiens (Mc Conaughey est complètement hallucinant et halluciné). Une très bonne série B.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

ROUGE DE HONTE
En 2065, la terraformation de Mars a sérieusement commencé. Des sondes contenant des algues ont été implantées sur la planète rouge. L’une d’elles ne répond plus. Une mission humaine est envoyée pour enquêter. Celle-ci est commandée par une femme (Carrie-Anne Moss, Matrix et Memento) mais ne comporte pas d’acteur de couleur. Pour le politiquement correct, c’est déjà raté. Mais lorsqu’ils arrivent à proximité de Mars, , un incident technique les oblige à quitter le vaisseau (on a beau dire, la technologie russe, ça tient mieux !), en laissant leur commandante se débrouiller pour réparer en orbite. Les gars, menés par Val Kilmer (pour le pire, Top Gun, Le Saint, L’île du Dr Moreau, pour le meilleur, je cherche encore), arrivent donc sur Mars pour niquer les martiens s’ils existent. Et deux d’entre eux meurent connement (il faut bien le dire) tandis que leur robot d’exploration, Amee, pète un processeur et se prend pour le prédateur d’Alien. Et puis vient LA révélation du film : on peut respirer sur Mars ! La cause n’est même pas crédible. Et pendant ce temps, Carrie-Anne Moss se balade en petite culotte (comme Sigourney Weaver dans Alien, tiens, tiens) dans un grand vaisseau vide. Tout juste apprend-on (un peu de manière décalée, comme si le scénario avait été achevé durant le tournage, style L’Arme Fatale 4) que Kilmer et Moss ont failli faire crac-crac durant le voyage. Le but du viril héros, alors qu’il est poursuivi par des millions d’insectes bizarres, va donc être de revenir dans le vaisseau toujours en orbite. Et par miracle, une sonde russe échouée là depuis un demi-siècle va lui en fournir le moyen (qu’est-ce que je disais !). Où l’on apprend qu’un modem américain de 2065 est compatible avec un logiciel de navigation russe de 2010...


La réalisation est plate, les arguments sont nuls, les acteurs (Val Kilmer en tête -mais ce n’est pas nouveau) plutôt inexpressifs derrière leurs casques et même sans... Il reste quelques moments sympas, comme lorsque Kilmer, au moment de quitter le sol de Mars, brandit un doigt devant la caméra en disant Fuck this planet ! Intéressant... Après le blockbuster mystique de Brian de Palma (Mission to Mars), le navet d’Anthony Hoffmann marque le deuxième rendez-vous manqué des Amerloques avec Mars. On attend donc le westernien Ghosts of Mars de John Carpenter (New York 1997, Halloween, L’Antre de la folie...) comme la dernière chance... Mais vraiment la dernière.

A voir pour les cuisses de Carrie.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

AU PIQUET !

“La Punition commence le 19 avril 2004” menaçait l’affiche américaine de cette nouvelle adaptation cinématographique de The Punisher, un comic book Marvel qui avait déjà fait l’objet d’un film en 1989, avec Dolph Lundgren dans la peau du justicier de New York. Pour Avi Arad, producteur de ce nouveau Punisher, la punition fut douloureuse : après un démarrage correct, les entrées du film s’effondrent, et il ne totalise finalement que 32 millions de dollars de recettes au box-office US, pour un budget de 33 millions. Et de notre côté de l’Atlantique, la sanction fut plus rude encore, puisque le film a quitté la majorité des écrans au bout d’une semaine d’exploitation à peine. Punition sévère, mais juste : disons-le tout de suite, The Punisher est un film raté. Sur le papier pourtant, il y avait quelques raisons d’espérer : le film prétendait s’inspirer de la dernière série en date des aventures du Punisher, celle du scénariste Garth Ennis, qui n’est pas le plus mauvais dans son genre ; pas de tête de veau célèbre comme Ben Affleck dans le rôle-titre ; quelques noms intéressants au casting, comme John Travolta dans le rôle du méchant, Roy Scheider (Les Dents de la Mer), la gracieuse Rebecca Romijn-Stamos (Femme Fatale, X-Men) ou encore Laura Harring, qui nous avait tant émus dans Mulholland Drive avec ses gros nich… euh, je veux dire, avec son immense talent d’actrice. Malheureusement, le nom du réalisateur faisait moins rêver. Il faut croire que les réalisateurs un peu branchés qu’on embauche habituellement pour tourner les adaptations de BD étaient tous occupés ailleurs. Donc, en lieu et place de Bryangleellermosam Del Toraimynger, c’est Jonathan Hensleigh qui s’y colle pour son premier passage derrière la caméra, après avoir signé bon nombre de scénarii “mémorables” pour les couillonnades dont Jerry Bruckheimer nous régale chaque été, des Ailes de l’Enfer à 60 secondes chrono en passant par Armageddon. Ah, oui, là, d’un coup, Laura Harring ou pas, ça donne moins envie de voir le film.


Mais résumons un peu. Frank Castle est un agent du F.B.I. sous couverture. Lors d’une de ses missions à Tampa, en Floride, le fils d’un riche homme d’affaires légèrement gangster sur les bords, Howard Saint, est abattu. Pour se venger, Saint décide alors de faire massacrer Castle et toute sa famille au grand complet. Mais en bons méchants de cinéma, les hommes de main de Saint, après avoir consciencieusement mitraillé femmes, enfants et vieillards, abandonnent le corps de Frank sans s’assurer qu’il est bel et bien mort. Évidemment, Frank n’est que blessé. Alors qu’il n’a vu aucun médecin pour soigner les 3 balles qu’il a pris dans le corps, et qu’il a passé des semaines à vivre comme Tom Hanks dans Seul au Monde, il revient en pleine forme et tout en muscles à Tampa, et décide de se venger à son tour, en éliminant Saint et tout son gang.

Ceux qui connaissent le comic book ont déjà dû constater, à la lecture du résumé, qu’on avait affaire là à une adaptation pour le moins “libre”. Il faut dire que si l’on vise le plus large public possible, le Punisher n’est pas le héros le mieux choisi, et il convient donc de l’aseptiser au maximum… mais du même coup, ça lui enlève évidemment toute personnalité, tout ce qui peut le différencier des héros classiques. Loin du psychopathe impitoyable, sadique et sanguinaire de la BD, qui semble de plus en plus tuer par plaisir plutôt que par un réel désir de combattre le crime, ce Frank Castle-là est un homme blessé, qui a vu mourir TOUTE sa famille, ne va faire justice lui-même qu’après avoir constaté que les autorités ont refusé de punir ce crime, ne tue ses adversaires qu’en état de légitime défense. Il fait moins de victimes en 2 heures de film que son homologue d’encre et de papier n’en fait en 2 planches de BD. Un vrai gentil de cinéma, quoi, garanti 100% générique ; rien à voir avec l’authentique Punisher. Tenez, pour tout vous dire, ça peut vous paraître un détail, mais le nom-même de “Punisher” n’est prononcé qu’une seule fois dans le film, à la toute fin, et le personnage ne porte son fameux t-shirt à tête de mort, emblème du Punisher, que 5 minutes en tout et pour tout. Le film renonce même à tout aspect fantastique ou S.-F., histoire de s’éloigner encore plus de la bande dessinée et de s’affadir un peu plus.

The Punisher devient donc une énième histoire de vengeance banale, un film d’action dépourvu de toute originalité. Le scénario faiblard ne nous épargne aucun des poncifs du genre, les dialogues sont crétins, les scènes d’action sont platement filmées, la bande-son sans intérêt nous inflige quelques mauvais titres de musique de jeunes qui fait du bruit (uniquement là pour justifier la sortie d’une compilation estampillée Music From and Inspired by the Motion Picture, dont 90% des morceaux ne figurent évidemment pas dans le film)… Thomas Jane, l’inconnu qui incarne Frank Castle, nous ferait presque regretter son prédécesseur Dolph Lundgren, dont l’air menaçant avait le mérite de donner un semblant de crédibilité au personnage malgré son jeu d’acteur limité. Thomas Jane n’est guère plus expressif que le colosse suédois, et affiche en permanence un air contrit de petit teckel qui s’est coincé les testicules dans une porte, qui ne le rend guère convaincant dans un rôle de vengeur ténébreux. Cela dit, signalons à celles d’entre vous qui craqueraient pour ses pectoraux, sa tablette de chocolat ou sa mine de chien battu qu’elles peuvent le retrouver dans Peur Bleue au vidéoclub le plus proche. Bref, un film ennuyeux et sans intérêt, qui n’intéressera pas plus les fans du Punisher que les amateurs de films d’action.

Toxic.

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Publié le par Ansible
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PRISONNIERS DU GLAND

Richard Donner est quelqu’un de drôle. Si l’on se réfère à son interview donnée à l’Ecran fantastique n°242 d’avril 2004, « il y a encore peu de temps, personne n’aurait imaginé pouvoir envoyer un fax ! Il n’est donc pas évident de convaincre les acteurs et les spectateurs qu’on peut se transposer facilement dans le temps. » Bon, Richard, tu es au courant que le fax existe depuis 15 ans, j’espère… Ah, et les acteurs s’en foutent de croire ou pas au voyage dans le temps, il suffit que les spectateurs y croient, eux. On continue. « Le fait que les personnages, y compris ceux de 1357, parlent un anglais contemporain, n’est pas étonnant, parce que Michael Crichton a mis en place dans son livre un dispositif pour que tout le monde parle la même langue. » En gros, on a du pot que ça se passe en Dordogne au Moyen-Age, quand les gens y parlaient l’ancien anglais ; quant à la modernité de la langue, je ne vois pas trop la finesse, là… « Le livre présente toute l’aventure à la manière de Jurassic Park : des gens veulent utiliser le voyage dans le temps à des fins purement commerciales. Dans le film, il s’agit d’une mission de sauvetage. » Mais c’était déjà l’argument du bouquin, ça ! « le tournage a pris du retard, car nous avions trouvé des paysages extérieurs en Angleterre et au Pays de Galles, mais la région a été touchée par la fièvre aphteuse. Nous avons ensuite trouvé une région fabuleuse, une forêt près de Berlin… Puis le 11 septembre est arrivé. Du coup, nous ne voulions plus tourner ça en Allemagne (ndlr : ????), alors nous sommes revenus aux Etats-Unis, mais la grève des acteurs est survenue à ce moment-là. Nous avons finalement tourné à Montréal. » Eh, les mecs, vous étiez au courant que l’histoire se passait en Dordogne, et que les décors naturels sont restés à 90 % en l’état depuis 1357 ? «  Un jour, alors que l’on tournait dans une grande ferme isolée, sans route, une pluie torrentielle est survenue, doublée d’une température glaciale. On avait vraiment l’impression d’être en 1357 ! » Bon, c’est sûr qu’il n’y a plus de pluie, ni d’hiver au XXIème siècle, Ritchie chéri. « En me documentant, j’ai appris que les combats de l’époque était menés par des gars durs et saignants, un peu comme si aujourd’hui on se battait à coup de batte de base-ball. A l’époque, c’était une question de vie ou de mort, sans tout le cérémonial cinématographique rajouté d’habitude… » La vache ! En voilà au moins un qui aura appris qu’il y a eu des combats au Moyen-Age en Europe, c’est génial le cinéma !

Allez, une petite dernière pour la route : « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les scènes de bataille ne sont pas les plus compliquées avec une équipe compétente et une bonne documentation, il suffit de mitrailler avec la caméra une fois dans l’action ! » Il serait pas un peu feignant le père Donner ? C’est un rigolo, je vous dis. Ou alors il commence sérieusement à yoyoter de la touffe. Rappelons quand même qu’il a réalisé Superman et les quatre Arme fatale. Finalement, ça me fait un peu peur à moi, tout ça, avant d’avoir vu le film…



Six mois après avoir lu cette critique, j’ai enfin le courage de louer le DVD de ce film, qui me fait très peur. On est quand même loin du naufrage intégral. Contre toute attente, les décors sont assez bons, ainsi que la plupart des costumes. Bon, passons sous silence la forêt de sapins pas très périgourdine, mais il faut reconnaître que les équipes artistiques ont fait du bon boulot. Ce qui n’est pas le cas du reste de la production. Le film passe sous silence des passages entiers du roman (très bon, lisez-le) de Michael Crichton ; on se retrouve avec pas mal de raccourcis un peu idiots. Les acteurs, la “star” Paul Walker (l’honnête Une Virée en Enfer et 2 Fast 2 Foirous) en tête, sont quant à eux complètement transparents, mis à part Gerald Butler (Dracula 2001, Le Règne du feu...) et le trop rare Lambert Wilson, qui joue ici un Français, avec classe. Il faut dire que le réalisateur semble les laisser en roue libre, ce qui n’est pas forcément bon avec des acteurs relativement peu chevronnés... A la vision des suppléments du DVD, on comprend mieux : le réalisateur s’y montre à la fois laxiste, je-m’en-foutiste et tyrannique. Pire, il se permet, devant une caméra de documentariste, de débiner certains de ses collaborateurs les plus précieux. Un grand homme, Richard Donner... On comprend pourquoi un message, au début de ces bonus, indique que le studio, la Warner, ne partage pas forcément les propos tenus sur la galette... Le film n’est sorti que deux ans après son tournage, après de nombreux problèmes, semble-t-il. On comprend un peu pourquoi. C’est bien dommage, car l’oeuvre de Crichton, l’un des meilleurs écrivains de notre époque, mérite mieux, bien mieux...

Spooky.

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